"J'étais étudiant le jour, et je dormais dans le métro la nuit" explique Alpha, 21 ans, étudiant d'origine
guinéenne.
Si tous les étudiants n'en arrivent pas à des situations aussi extrêmes, nombreux sont ceux qui affirment avoir des problèmes pour se loger ou subir le mal logement. Et pour beaucoup,
logement = parcours du combattant.
En cause, la rareté des logements collectifs, la pénurie de places en CROUS (2,8 places pour 100 étudiants), des logements privés aux prix élevés, des demandes de caution importante, ...
Ainsi en Ile-de-France, les chiffres sont éloquents :
- près de la moitité des étudiants (48%) continue de vivre chez leurs parents,
- seuls 7% sont logés dans une structure collective (Crous, foyers, résidences privées) (pour en savoir plus, consultez cette
étude de l'Institut d'aménagement et d'urbanismes d'Ile de France et celle-ci) .
Or, le mal-logement ou les situations de cohabitation forcée pèsent sur les étudiants : nécessité d'avoir un petit boulot à côté, pas le temps ou pas le confort pour étudier, temps de transports
très longs, ...
Lors de la Nuit Solidaire, nous avons rencontré des jeunes. Ils nous racontent leurs difficultés.
Benjamin, 23 ans, Guinéen, étudiant en droit à Créteil :
Je suis arrivé en France en septembre 2009. Je me suis tout de suite rendu à la fac à Créteil. Je n'ai eu aucun problème pour m'inscrire. Par contre, je pensais qu'ils
m'aideraient à trouver un logement, mais ils n'avaient rien. Pendant un mois, je suis allé chez un ami à Dijon. Je pensais pouvoir trouver une opportunité pour un logement sur Paris, mais rien
non plus. J'ai donc joué ma dernière carte. J'ai rappelé une personne qui était venue en touriste en Guinée. Elle a accepté de me loger chez elle, moyennant une participation au loyer. Mais ce
n'était pas pratique. On partagait son studio de 20m2. Le soir, il recevait souvent des gens. En journée, il ne m'avait pas donné les clefs, donc je ne pouvais pas rentrer pour me
reposer ou travailler. Je zonais à la fac. Ca a duré deux mois. Pour moi, ça n'allait pas. Je prenais du retard dans les cours, alors qu'on était déjà en janvier. La situation s'est débloquée
quand j'ai rencontré des gens de l'aumônerie. Ils m'ont mis en contact avec des bénévoles du Secours catholique. En deux semaines, on a trouvé une solution : j'ai obtenu une chambre dans une
communauté de religieuses à Boissy-Saint-Léger. Mais la situation est temporaire : dans quelques mois, il faut que je trouve une autre solution pour laisser la place aux nouveaux
étudiants.
Lili, 21 ans, jeune pro dans le 93, elle voudrait reprendre ses études :
Après le Bac, j'ai cherché une colocation. Une coloc c'est bien car ça ne coûte pas trop cher, on n'a pas besoin de présenter de
garanties et ça permet d'avoir un logement assez spacieux. Mais bon, il faut bien s'entendre avec ses colocataires. J'en ai fait les frais. Au bout de quelques mois, un jour, j'ai reçu un coup de
fil de mon coloc, il m'a dit que je devais partir. Il m'a donné un mois. Je ne pouvais rien faire, j'étais sa sous-locataire. J'ai eu alors un gros coup de chance : j'ai épluché les petites
annonces du PAP (Particulier à Particulier). Et lors d'une de ces visites, le propriétaire a eu le feeling avec moi, il accepté mon dossier alors que mes revenus n'étaient que de 1000 euros par
mois.
Aujourd'hui, je voudrais reprendre mes études, mais le logement ça reste un problème. Comme j'arrêterais de travailler, je n'aurais plus de revenus. Or mes parents gagnent juste un peu trop pour
que j'ai une bourse, mais ils ne peuvent pas m'aider beaucoup financièrement.
Mélodie, 21 ans, étudiante en cinéma à Paris :
Je loue une chambre d'étudiant dans une résidence privée. Ca me coûte entre 650 et 700 euros par mois pour un studio de 20 m2 . J'ai pas vraiment eu le choix :
je ne suis pas boursière, je ne pouvais donc pas avoir une chambre en Crous et sur Paris, les prix des petites chambres de bonne sont exhorbitants. Mais ma situation, ça va encore. Je connais une
personne dans mon école qui dormait au début de l'année dans une chambre d'hôtel, mais elle a du retourner chez ses parents en province car ça coûtait trop cher.
Samedi 20 février 2010
de 14h00 à 17h00
Place Saint-Sulpice
à Paris (6ème)
Avec la participation de Jean-Paul Huchon (PS), de Valérie Pécresse (UMP),
d'Alain Dolium (MoDem), de Marie-George Buffet (Front de Gauche), d'Augustin Legrand (Europe Ecologie), de Chantal Jouanno (UMP),
d'Anne Hidalgo (PS), de Fadila Mehal (MoDem), de Robert Lion (Europe Ecologie), d'Eric Coquerel (Front de
Gauche), de Stéphane Gatignon (Europe Ecologie), ... et de nombreux autres candidats aux élections régionales.